
9 avril 2020 – Jour 24 du (1er) confinement
La France, l’Europe, l’humanité toute entière retiennent leur souffle. Et pendant ce temps, la planète respire enfin. C’est étrange de voir jusqu’où il aura fallu aller pour que l’humanité arrête enfin sa course folle et prenne le temps de faire une pause.
“Il n’y a pas de hasard”, disait Paul Eluard, “il n’y a que des rendez-vous”. Et si cette pandémie était le rendez-vous de l’humanité face à elle-même ?
Un rendez-vous avec soi-même
Parce que nous ne pouvons plus courir, parce qu’il n’y a plus rien à acheter, parce que nous n’avons nulle part où aller, nous pouvons enfin faire une pause et nous retrouver. Quelle chance de pouvoir enfin prendre du temps pour soi et se regarder vraiment !
Bien entendu, ce n’est pas si simple, certains éprouvent des résistances, ils trouvent toujours mieux à faire ; et puis il y a peut-être les enfants, ou un conjoint, et toujours un prétexte pour passer à côté de ce rendez-vous avec soi-même.
Si malgré tout vous osez suivre l’appel de l’Univers, si vous acceptez de faire une pause et de fermer les yeux quelques instants, vous aurez enfin la chance de vous rencontrer.
Je ne vais pas vous mentir : le voyage n’est pas de tout repos ! A l’intérieur, ça bouge, il y a des émotions, des envies, des croyances, des rêves et au fond de tout cela.. vous, votre âme, votre être, dans toute sa complexité, sa beauté, avec ses contradictions et surtout ce qui fait que vous êtes vivant.
Il n’y a pas de hasard
Cette période si particulière engendre également un questionnement sur le sens : quel sens donner à sa vie quand tout part en vrille ? Comment se sentir utile quand on ne peut plus bouger ?
J’ai d’abord réalisé que mon métier n’était pas indispensable. Il ne me permet pas de nourrir, soigner ou sauver des vies. Mon mode de vie, malgré tous les choix que j’ai fait, impacte encore la planète. Je n’ai rien inventé, je ne suis ni chercheuse ni scientifique, et je n’ai pas de moyen direct et concret pour contribuer à nous sortir de là.
Pour autant ne puis-je pas être utile ? A mon échelle, à ma manière, ne puis-je pas contribuer ?
En ce 24ème jour de confinement, j’ai envie de réfléchir à ces questions car je ne crois pas au hasard. Si nous sommes plus de 3 milliards à être confinés, c’est pour une raison.
Je pense qu’il devient urgent d’inventer un autre monde, une vie dans laquelle nous pourrions, malgré notre nombre et notre irrésistible besoin de croissance, respecter notre planète et le monde vivant dans son ensemble. Il y a plein d’initiatives et de personnes qui réfléchissent, luttent, proposent, innovent en ce sens. Je crois qu’il faut que nous les écoutions plus, que nous leur donnions la parole, pour essayer, tester, améliorer ce qui peut l’être, afin d’arriver à vivre en accord avec le monde qui nous entoure.
Nous ne pouvons plus continuer à faire comme si tout allait bien. Notre espèce est la pire chose qui soit arrivée à notre planète depuis des milliards d’années.
Et si nous prenions une pause pour être au rendez-vous que nous lance l’Univers et nous demander ce que nous pouvons faire ici, maintenant, pour inventer une autre vie ?